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Interview avec Jasper Aerents

Jasper Aerents n’a que 22 ans mais il détient déjà le record de Belgique de trois courses-relais en petit bassin: le 4 x 50 m nage libre, le 4 x 100 m nage libre et le 4 x 50 m quatre nages. Plongeons dans la conversation avec ce nageur d’élite passionné par son sport.

Comment la natation en est-elle venue à prendre une place si importante dans votre vie? 

C’est venu petit à petit. Mes parents m’ont appris à nager dès mon plus jeune âge. Ma soeur, de deux ans mon aînée, s’est inscrite à une école de natation et j’ai commencé à suivre ses pas. J’ai toujours aimé l’eau. Quand j’étais petit, j’ai même plongé tête la première à la grande profondeur. Le maître-nageur a dû me sauver. Le fait que ma mère n’ait pas paniqué à ce moment-là a certainement contribué au fait que je n’ai jamais eu peur de l’eau ou de nager. A côté de cela j’ai aussi pratiqué beaucoup d’autres sports: basket, gymnastique, judo,… En fait je suis asthmatique et donc ce n’était pas toujours évident pour les sports pratiqués à l’intérieur. Mais quand je nageais cela ne m’affectait pas. Après l’école de natation, j’ai commencé à intégrer des groupes de compétition.

Quels conseils donneriez-vous à un nageur de compétition qui débute?

Je crois qu’il est vraiment important de bien mesurer dans quoi on se lance et d’être sûr de son choix . Ce qui est aussi essentiel, c’est qu’un enfant fasse lui-même le choix de suivre cette voie et que ce ne soit pas son entourage qui l’y pousse. Si vous ne prenez pas de plaisir à nager, vous ne tiendrez certainement pas le coup longtemps.

Comment vous préparez-vous pour une compétition?

Comme je suis un sprinter, mes distances sont très explosives. C’est une donnée importante à prendre en compte au cours des dernières semaines précédent une compétition, pendant lesquelles je travaille surtout à retrouver ma vitesse de course. J’ai une dizaine d’entraînements de natation par semaine, deux à trois séances de musculation et deux séances de stabilisation. Généralement, je nage de 7h. à 9h., et j’enchaîne avec une séance de musculation ou de stabilisation.        Aux alentours de midi, j’essaye de me reposer, puis à quatre heures et demie je reprend l’entraînement jusqu’à six heures et demie.

Comment conciliez-vous les entraînements intensifs et les études? 

J’entame ma troisième année en technologie automobile mais contrairement aux autres études, celles-ci peuvent être largement étalées dans le temps. Cette année était en fait ma cinquième année d’école supérieure car mes années d’études sont réparties sur plusieurs saisons. Je pense que j’aurai terminé mes études dans deux ans. Pour moi, cela n’a pas beaucoup d’importance. Nager est ma priorité absolue. J’ai également été sélectionné comme étudiant sportif d’élite par l’Administration Sportive de la Communauté Flamande, ce qui me permet de bénéficier d’un soutien financier.

  

Les compétitions vous permettent-elles de gagner votre vie?

Il est quasiment impossible de vivre de mon sport. Il y a peu de primes à gagner dans les compétitions. C’est d’abord et avant tout une passion. On ne commence pas un sport de haut niveau pour gagner de l’argent. Je suis heureux d’être aidé par une initiative comme celle de la Communauté Flamande, mais je ne m’attend pas à gagner de grosses sommes dans le futur. Cela m’importe peu d’ailleurs.

Vous n’avez pas le sentiment de passer à côté de quelque chose par rapport aux jeunes de votre âge? 

C’est sûr que j’ai moins de temps libre que la majorité des jeunes de mon âge, car en plus de la natation j’ai ausi mes études. Pourtant je n’ai pas le sentiment de passer à côté de quelque chose. C’est mon sport qui m’a permis de vivre et d’accomplir déjà tant de choses dont beaucoup de jeunes de mon âge ne peuvent que rêver. D’autre part je peux parfaitement comprendre que beaucoup de jeunes aient du mal à envisager une vie comme la mienne et préfèrent suivreune autre voie.

Quel est jusqu’à présent votre plus beau souvenir?

Il y a trois ans, j’ai nagé la finale dans l’équipe de relais au cours des Jeux Olympiques. J’ai eu une révélation incroyable ce jour-là et cela m’a donné un sentiment fantastique que je n’oublierai jamais.

Surveillez-vous votre alimentation?

J’essaie autant que possible. Quand on nage vingt heures par semaine et qu’on fait autant de musculation il est surtout important de manger en suffisance: beaucoup d’hydrates de carbone, des légumes et des fruits. Je ne prends pas de suppléments alimentaires et j’essaye plutôt que tout provienne de ma simple alimentation. J’utilise bien des boissons spéciales pour sportifs, des barres énergétiques et des boissons facilitant la récupération, pour lesquelles je suis sponsorisé par High5, une entreprise spécialiste en la matière. Comme je perds naturellement assez facilement du poids, il est important pour moi de veiller à m’alimenter en suffisance. Cela m’arrive aussi de temps à autre de manger des bonbons. Pour le moment j’ai aux alentours de 7 à 8% de pourcentage de graisse et c’est pour moi une bonne moyenne.

Avez-vous des idoles dans le monde de la natation?

En fait non. Je suis pour le moment tout proche du top européen et j’espère pouvoir encore progresser pour atteindre le niveau mondial. Il n’y a donc pas vraiment de nageurs qui puissent être mes idoles car je suis très près du top et que j’en ai une vision très réaliste. J’ai beaucoup de respect pour les athlètes du plus haut niveau, mais mon but est d’arriver aussi là où ils sont. On peut donc dire que je les considère davantage comme des concurrents que comme des idoles (rires).

Si vous n’étiez pas sportif de haut niveau, que feriez-vous?

Je passerais probablement mes journées le nez dans les capots de voitures. Je dois bien reconnaître que je me préoccupe assez peu de l’avenir. Je ne sais pas combien de temps encore je vais nager et je n’exclu rien. La possibilité existe aussi que je devienne entraîneur mais je ne peux pas encore dire si j’ai cela en moi ou pas. Je vais aussi bientôt réaliser des stages dans mon domaine d’études et peut-être que cela dégagera des pistes. Je verrai bien ce que la vie me réserve. Ce que je désire le plus c’est de rester un nageur le plus longtemps possible.

Qu’est-ce qui vous motive?

Je me considère comme un battant, dans tout ce que j‘entreprends. J’ai une grande force de caratère qui m’a poussé en avant tout au long de ma carrière.  J’ai également beaucoup de volonté et de capacité de résistance dans l’adversité. J’ai hérité cela de mon père et c’est bien utile dans le sport que je pratique.  Et bien sûr, je trouve aussi que nager est tout simplement un sport fantastique! (rires)

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