Top banner FR

lang

Interview avec Kimberley Buys

Il y a quelques mois, Kimberley Buys était la première nageuse belge, en compagnie de Jasper Aerents chez les hommes, à satisfaire aux critères de sélection pour les Jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro. Nous l’avons sortie de l’eau pour une interview.

Comment est née ta passion pour la natation?

Ça a grandi en moi tout naturellement. Cela a débuté gentiment par deux entraînements par semaine. Mes parents tenaient surtout à ce que j’apprenne à nager avant de suivre les cours de natation de l’école. Cela étant à mettre sur le compte de mon attitude assez téméraire par rapport à l’eau quand j’étais enfant. Je m’y jetais toujours bille en tête. Par conséquent, l’habituation à l’eau n’a jamais été nécessaire pour moi. J’ai commencé par les techniques de base, mais j’ai très vite réalisé que je prenais énormément de plaisir à nager et j’ai eu envie de m’inscrire dans un club de natation.

Que fais-tu en dehors de la natation?

J’étudie la biochimie à l’Université d’Anvers. Je suis un programme à temps partiel qui couvre la moitié d’une année académique et j’ai choisi Anvers parce que je peux aussi y nager. Autrement dit, je n’ai pas trop de soucis à me faire en termes de déplacements. En fait j’ai assez peu de temps à consacrer à autre chose que la natation, et c’est très bien comme ça.  Comme je n’ai jamais connu grand chose d’autre de toutes façons, ça ne me pèse pas. La plupart de mes amis le savent bien et ils en tiennent compte. Nombre d’entre eux appartiennent d’ailleurs aussi au monde du sport. Après les championnats du monde, j’aurai à nouveau devant moi deux ou trois semaines plus calmes et du temps à consacrer pour  faire un peu autre chose.

A quoi ressemble ta journée type?

Je m’éveille à 5h25 et à 6 h je suis à la piscine pour aider à installer les couloirs.  A 6 heures et quart je commence l’entraînement qui habituellement dure de 1,5    à 2 heures. Je termine vers 8 heures et quart. Ensuite, cela dépend si j’ai une demie journée ou une journée entière de cours. A 4 heures et demie, je suis de retour à la piscine jusqu’à 7 heures et j’essaye de me coucher à 10 heures. Dimanche est mon jour de repos. Généralement je le réserve à la famille, aux amis, à un petit-déjeuner prolongé… Ou alors je traîne en pyjamas jusqu’à midi. Le dimanche je fais tout en mode relax.

Surveilles-tu ton alimentation?

Je dirais simplement que je mange sainement et que je mange beaucoup. Du fait du nombre élevé d’entraînements, il est important que j’absorbe assez de calories. Mon menu est principalement composé des classiques de la diète sportive: beaucoup de pâtes, des produits laitiers, des fruits, des légumes… Pas d’alcool ni de frites.

Tu craques parfois?

Je ne pense pas. J’ai peu de problèmes avec mon mode de vie. Il faut juste faire un peu attention à la période dans laquelle on se trouve. Notre saison de déroule de septembre à juillet. Si on sort d’une compétion importante on relâche un peu la pression. Sortir manger des frites avec le groupe par exemple est même devenu un genre de rituel. Après un championnat de Belgique aussi on s’autorise quelques jours de relâche au cours desquels on peut se permettre quelques écarts.

Que est le plus dur pour toi dans cette vie?

C’est surtout lié au temps. Quand, au sortir d’une période de vacances et que la saison reprend, je dois me réhabituer aux contraintes de l’horaire. Etre à 6 heures du matin à la piscine, recommencer à nager à 5 heures du soir, aller dormir à 10 heures pour avoir assez de temps de sommeil. Recommencer à faire attention à l’horloge pendant que je suis occupée à faire autre chose, afin d’être à l‘heure à mes entraînements… je dois chaque fois me réhabituer à tout cela. Et se lever très tôt le matin en hiver c’est aussi toujours plus difficile qu’en été (rires).

Quel est jusqu’à présent ton plus beau souvenir?

Ma participation aux Jeux Olympiques de Londres en 2012. Prendre part à cela, c’est pour tout le monde le but ultime. Cependant, j’éprouve quand même un sentiment mitigé car je ne suis pas satisfaite de mes prestations en cette occasion. Cela aurait pu être beaucoup mieux.  Heureusement, je suis à nouveau sélectionnée pour les jeux de Rio et j’ai donc une chance de me ratrapper.

As-tu des conseils à donner aux nageurs débutants?

Le plus important c’est qu’ils en retirent du plaisir. Si on ne nage pas de bon coeur, on ne peut jamais réussir. Surtout quand on doit s’entraîner deux fois par jour. Profiter de leur activité est le meilleur conseil que je puisse leur donner.

Eprouves-tu encore autant de plaisir qu’auparavant?

Aussi fou que cela puisse paraître, c’est justement pour cela que je suis connue dans le petit monde de la natation. (rires) Mon coach doit encore parfois littéralement me sortir de l’eau et me dire que je me suis assez entraînée pour la journée.

Penses-tu déjà à l’avenir, à fonder une famille?

Pour le moment, fonder une famille n’occupe pas vraiment mes pensées. A ce stade, tout est planifié jusqu’en 2016, même l’école. Quand je vais travailler, quelles matières, ma thèse, mon stage,… tout est organisé en fonction des jeux de Rio. Ce qui se passera après, on verra bien. Je suis une nageuse de papillon, et nous restons en activité plus longtemps que les nageurs de brasse. Les nageurs de papillon sont souvent au top vers 28 ans. J’en ai aujourd’hui 26, on verra donc bientôt si c’est vrai ou pas.

As-tu l’intention d’entreprendre quelque chose dans le domaine de tes études?

Oui, j’ai bien l’intention de touver mon métier de cette branche d’activité. Surtout que je ne pense pas devenir un jour entraîneur. Mais peut-être que cette envie vient seulement quand on est sur le point d’arrêter.

J’ai lu que de nombreux nageurs professionels souffrent des épaules. C’est ton cas?

Pas en ce moment, mais l’année passée j’ai été out pendant quelques mois à cause d’une blessure à l’épaule. Je n’ose même pas imaginer le nombre de rotations qu’on fait faire à nos bras et il n’est donc pas étonnant que les blessures aux épaules soient les plus fréquentes chez les nageurs. La plupart d’entre nous surmontent cela grâce à une période d’entraînement plus calme en combinaison avec un travail intensif avec le kinésithérapeute (traitements, exercices spécifiques,…) D’autres sont plus mals en point et sont out pendant des moisou nécessitent une prise en charge médicale.

Tu as des idoles dans le monde de la natation?

Quand j’étais petite c’était Frederik Deburghgraeve. Un choix assez évident sans doute, parce qu’il était le seul à avoir jamais gagné une médaille d’or Olympique. Ce qui est amusant, c’est que son entraîneur de l’époque est le mien aujourdhui. Je n’ai moi-même jamais rencontré Fred en personne, même si on a déjà échangé un message via Facebook.

Qu’est ce qui te motive pour nager au plus haut niveau?

Je dirais que c’est la passion. Et aussi que j’aime énormément mettre mon corps à l’épreuve et voir jusqu’où il peut aller. J’ai le sentiment de n’avoir pas encore tiré tirer le maximum de mon organisme. J’aime bien repousser les limites en matière de natation. Je fais absolument tout pour pousser mon taux de réussite aussi haut que possible. Ce qui n’est pas toujours le cas à l’école, je l’avoue. Réussir dans mon sport me suffit amplement.

Banner Fr

Acheter en ligne

liens intéressants

la newsletter

Inscrivez-vous ici à notre newsletter.

Facebook